Le labyrinthe de Pan : analyse du film

Bonjour à tous,

(Info: Vous avez déjà probablement lu cet article l’an dernier sur le site Braindegeek. C’est normal, je suis également rédactrice sur ce site, j’ai simplement récupéré cet article pour le reposter ici.)

Cette année, cela fera 12 ans qu’est sorti le film Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro. Après l’avoir revu plusieurs fois, j’ai trouvé que ce film était plutôt sous-estimé. Il m’a donc semblé bon de faire une analyse de celui-ci afin de vous la présenter.

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L’histoire se déroule en 1944 en Espagne. Ofelia, emménage avec sa mère Carmen chez le nouveau mari de celle-ci : Vidal, le capitaine de l’armée franquiste. Ofelia découvre alors un labyrinthe à côté de sa nouvelle demeure, gardé par un faune. Il lui annoncera qu’elle n’est autre que la princesse disparue d’un monde sous-terrain. Elle devra alors accomplir trois épreuves pour atteindre ce royaume.

A première vue, le film peut sembler n’être qu’une critique anti-fasciste. En effet, on y montre toute la violence et les horreurs pratiquées par l’armée franquiste. De plus, l’héroïne cherche légitimement à fuir ce monde par le biais des contes de fées. Cependant, la symbolique va plus loin puisqu’il traite également de la féminité.

Attention: A partir d’ici, l’article contiendra plusieurs spoilers nécessaires afin de pouvoir analyser plusieurs points du films. Libre à vous de continuer ou non la lecture.

  1. La critique de la violence humaine

Le film montre une dualité entre deux mondes, pas seulement entre fantastique et réalité : celle-ci concerne Ofelia et Vidal. Tandis qu’Ofelia représente l’innocence et l’enfance, Vidal représente la folie humaine, la violence et c’est un adulte. La dualité est entre autre montrée par le traitement des images. Ofelia est représentée par des couleurs chaudes, des reliefs et des courbes alors que Vidal est représenté par des couleurs froides et des lignes droites majoritairement. Ces deux univers finiront par se mélanger lors des scènes de fin, confrontant ces deux personnages.

Il y a également une dualité par le sexe des personnages, puisqu’Ofelia est une femme alors que Vidal est un homme. Tout au long du film, les femmes sont représentées comme bienveillantes et plus empathiques que les hommes qui sont violents et monstrueux.

Cependant, il y a quelques exceptions qui montrent bien que Del Toro fait une critique de la violence humaine : les maquisards sont traités à part. Bien qu’ils soient des hommes, ils ne sont pas considéré comme violents malgré leurs actes (attaques armées, vols etc.) puisque ce sont des résistants, agissant contre le fascisme. Le traitement de l’image lors des scènes des maquisards est alors constitué de couleurs chaudes.

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Ici la désobéissance, contrairement à ce qu’enseigne généralement les contes, est une qualité. Elle permet aux maquisards et à Ofelia de survivre et d’avoir le choix. Le thème du choix est d’ailleurs important, on choisit qui être au risque d’être tué. Le fascisme est quant à lui la destruction du pouvoir de choisir.

  1. Le traitement de l’imaginaire

Certains codes nous montrent que les scènes fantastiques sont inspirées du conte. En effet, le film est une énonciation d’un conte qui semble être l’histoire d’Ofelia : une princesse qui échappe à la vigilance de ses parents et se met en danger par curiosité. Ensuite, nous retrouvons l’héroine dans une voiture avec sa mère, cette scène nous présente une jeune fille rêveuse et passionnée de contes.

Il y a donc de nombreuses références aux contes tout au long du film : la princesse, le crapaud de la première épreuve, le royaume, les souliers rouges en référence au Magicien d’Oz. De nombreux aspects font également penser à Alice au pays des merveilles.

Ofelia tente de fuir le réel, mais celui-ci imprègne aussi l’imaginaire. Il paraît au début féerique et utopique, mais se montre petit à petit aussi cruel et effrayant que le réel, notamment en ce qui concerne les épreuves qu’Ofelia doit accomplir (monstres, danger, peur etc…).

Ainsi, lors de la deuxième épreuve, la salle dans laquelle se trouve le Pale Man est en référence à la salle à manger de Vidal. L’horrible monstre est ainsi à la même place que le beau-père d’Ofelia, insistant ainsi sur la cruauté de ce dernier. Il y a également différents détails du monde réel qui rappellent le monde imaginaire, par exemple la tête de lit de Carmen rappelle des cornes de faunes, la clé qu’utilise Vida pour fermer la réserve peut être liée à celle que doit trouver Ofelia au cours de sa première épreuve etc.

  1. Le lien à la féminité

Par le biais de nombreux codes cinématographiques, on nous montre qu’Ofelia est en âge de devenir une femme. Par exemple, le faune lui parle de la tâche de naissance qu’elle a sur l’épaule représentant un croissant de lune. Il ajoute que les trois épreuves devront être achevées pour la pleine lune. Or, la pleine lune est une représentation de la féminité et de la fécondité. On peut donc comprendre qu’Ofelia n’est pas encore une femme, mais qu’elle tend à le devenir.

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De nombreux symboles de la sexualité sont utilisé. Par exemple, le faune est une figure de la sexualité et Pan est le dieu de la fécondité. De plus, les cornes et le visage du faune forment ce qui ressemble à un utérus. Encore une fois, la tête de lit de Carmen, bien qu’elle ressemble aux cornes du faunes, ressemble aussi à un utérus. C’est aussi le cas pour l’arbre dans lequel Ofelia doit réaliser sa première épreuve. Il y a également plusieurs représentations de cette forme dans le livre de conte que lui a donné le faune.

  Elle s’occupe également de sa mère qui est enceinte. La grossesse l’inquiète sur la sexualité puisque la grossesse rend sa mère souffrante, allant jusqu’à causer sa mort. C’est d’ailleurs ce qui lui fait renoncer à sa deuxième épreuve, sans doute par peur de sa propre féminité naissante. Le faune finira par la forcer à faire cette épreuve. Cette peur ne l’empêche pas d’être comme une deuxième mère pour son frère elle le protégera jusqu’à sa propre mort.

Cependant, le faune lui apparaît comme de plus en plus séduisant. Au début, il est tremblant, effrayant, mais il est de plus en plus élégant. C’est une façon de montrer une fois de plus qu’elle devient une femme.

Nous pourrions croire qu’elle ne devient jamais réellement femme, puisqu’au cours de sa dernière épreuve, Vidal la tue. Or, en faisant le choix de se sacrifier plutôt qu’un innocent, elle choisit la femme qu’elle veut être et ainsi, accède au royaume.

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La fin est cependant assez vague. La volonté du réalisateur était qu’elle puisse être interprétée de plusieurs façons différentes. De façon optimiste ou pessimiste. Le royaume est-il finalement réel ou imaginaire ?

Ce genre d’article vous plait ? Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez et si vous voulez en voir d’autres sur mon blog.

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