Premières Lignes #1

Bonjour à tous,

En ce dimanche je suis toujours un peu dans le rush de la rentrée et j’ai donc assez peu de temps pour écrire des articles. Ne vous en faites pas, deux articles sont en préparations pour la semaine prochaine: mon article sur la Wootbox et mon avis sur la série The innocents.

En attendant, je vous propose ce petit rendez-vous littéraire: Première Lignes. C’est un concept de Ma Lecturotèque qui consiste à prendre un livre et en citer les premières lignes. Pour ma part, je vous propose les première lignes du livre que je lis actuellement: La douzième victime de Cyril Vallée publié aux éditions Heartless.

La-douzieme-victime

« Une Audi flambant neuve s’engagea dans la rue Paul Renard. Le conducteur s’était contenté de suivre àla lettre les instructions du GPS intégré, comme on le lui avait demandé. De toute façon il était perdu, il ne connaissait pas le quartier. Autant se fier à la machine.
L’homme contempla l’habitacle luxueux, les matières nobles, les inserts d’aluminium brossé, le cuir beige omniprésent décorant jusqu’au tableau de bord électronique. Il n’avait jamais conduit de voiture comme celle-ci.
Il faut dire qu’il n’avait pas tenu un volant depuis plus de six ans. Le temps avait filé comme le sable dans une main ouverte. Ces années de galères, de nuits froides, à mendier et vivre sous les ponts constituaient une grande partie de sa vie, gâchée depuis la perte de son emploi à seulement quarante-deux ans. Au début, il avait cru pouvoir se remettre en selle et retrouver un poste grâce à l’expérience acquise. Mais la promotion interne, si elle avait fonctionné pour lui, n’apportait aucun diplôme qui permette de se vendre ailleurs. Il s’en rendit compte alors qu’il était au chômage depuis dix-huit mois sans travailler une seule fois. Une employée de Pôle Emploi avait mis les points sur les « I » après avoir relu son dossier en long et en large pendant de longues minutes. À cinquante-cinq ans passés, il coûtait bien trop cher à un patron, surtout par rapport aux jeunes sur le marché, mieux armés en diplômes et disposés à faire des concessions salariales.
Cela fut le début d’une chute, une descente vertigineuse, affolante. Une de ces situations extrêmes dont on pense que cela n’arrive qu’aux autres et qui à la fin nous amène dans la rue. Le boulot perdu d’abord, les dettes accumulées ensuite, les huissiers quelques mois après, et enfin, sa femme qui le plaquait. Happé par cet enchaînement catastrophique, il avait fini « sans domicile fixe », comme les médias le disent.
Et surtout seul. »

2 réflexions sur “Premières Lignes #1

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