The Perfection: un film qui s’inspire des meilleurs

THE PERFECTION

Réalisateur : Richard Shepard
Avec : Allison Williams (Get out) et Logan Browning (Dear White People)
Date : 2019
Genre: Thriller, épouvante

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Synopsis :

Le sens de la perfection qui anime deux génies de la musique, Charlotte et Elizabeth, va peu à peu les mener vers le chemin de l’opposition.

Mon avis :

Le thriller psychologique mêlé à une part d’épouvante a le vent en poupe en ce moment à Hollywood notamment grâce à des films comme Get Out (Jordan Peele, 2017) ou Split (Shyamalan, 2016). Richard Shepard parvient à s’adapter et sort un film surprenant : The Perfection.

Jeux de genre et nombreuses inspirations

On commence par suivre Charlotte, violoncelliste talentueuse retenue plusieurs années au chevet de sa mère malade, venue en Chine retrouver son mentor Anton et sa nouvelle protégée Lizzie. Après une première rencontre, les deux jeunes femmes s’avouent leur admiration et leur attirance mutuelles. S’en suit une scène magnifique mettant en parallèle leur concert et leurs ébats, tout en douceur, en musique et en gros plans comparant instruments et corps. Les clins d’oeil à Black Swan (Aronofsky, 2010) sont évidents, mettant tous deux en scène la rivalité féminine dans leur pratique artistique et l’attirance sexuelle des héroïnes. Ensuite tout s’emballe, on se trouve emportés dans une longue séquence dans un bus. Le réalisateur joue avec nos nerfs. Le lieu clos, les regards des figurants nous oppressent et la situation crée le malaise et une part d’inquiétude. Dès lors on vire dans un autre genre sans savoir où on nous embarque : s’agit-il d’un film sur un virus mortelle, un film survivaliste, un film d’horreur, du fantastique ? Ce qui est sûr, c’est qu’on vire vers le gore, l’immoral et la violence. Mais soudainement une pause, puis on rembobine pour nous offrir un flash back d’un autre point de vue nous offrant la vérité. La part de fantastique créée auparavant s’efface et donne des réponses, la vérité derrière tout ça. La suite du film jouera souvent avec ce procédé afin de créer avec virtuosité du suspense, de l’angoisse et de la surprise. On pense ensuite voir un film de revanche entre deux filles en compétition, puis un rape and revenge et encore d’autres genres.

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A travers tous ces détours, que ça soit dans les thèmes, les personnages ou la mise en scène, de nombreuses citations de films de genre sont apposées. Ainsi nous retrouvons en partie le style de Tarantino (qui lui-même base ses films en grande partie sur la citation d’autres films), les thèmes et la violence de films de revanche coréen à la Old Boy (Park Chan Wook, 2003) par exemple, on peut également retrouver une part du style de De Palma. Même les effets visuels et axes de caméra – désaxages, retournement de caméra, rembobinages – donnent une véritable esthétique de genre au film et un cachet appréciable.

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Psychologie et plot twist

Le film se base énormément sur la psychologie de ses personnages et sur les scènes pouvant provoquer diverses émotions fortes chez le spectateur. Les rôles les plus intéressants sont probablement ceux d’Anton et ses sbires. Lui, à la fois charmant et paternaliste devenant terriblement dérangeant. Ses sbires, eux, restent sans paroles, stoïques et froids mais ont un aspect extrêmement malsains très bien réalisé. En ce qui concerne les héroïnes, elles sont incarnées par les talentueuses Allison Williams (Get out) et Logan Browning (Dear White People) très crédibles malgré quelques instants de sur-jeu et toutes deux au regard perçant comme bercée par la folie. L’intrigue est ponctuée de flash back sur leur passé expliquant leurs tares et la violence qu’elles peuvent exprimer de plus en plus au fil du temps. Leur vécu est commun, leur combat l’est ainsi aussi. Les scènes finales, encore une fois faites de divers retournements de situations, sont mouvementées et agissent comme une catharsis après toutes ces violences encaissées tout au long du visionnage. Les plots twist sont parfois prévisibles et l’intrigue est quelque peu maladroite par instants mais le tout rend finalement bien, sans temps morts et bourré d’action.

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2 réflexions sur “The Perfection: un film qui s’inspire des meilleurs

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