[Critique] The end of the f***ing world saison 2

The end of the f***ing world saison 2

Réalisateur: Jonathan Entwistle
Avec:  Jessica Barden, Alex Lawther, Naomi Ackie
Date: Novembre 2019

Série Netflix.

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Mon avis :

     Deux ans ont passés après le road trip déjanté de James et Alyssa. On retrouve la jeune fille dans une nouvelle vie à la campagne avec sa mère désormais célibataire. Toutes deux essayent de se reconstruire et Alyssa essaye de rentrer dans le moule en se mariant à un garçon tout à fait ordinaire, bien qu’elle considère cet acte comme un acte de rébellion. Or, James, qu’elle croyait mort, refait surface non sans frustration de ne pas être l’heureux élu. Un nouveau road trip débute alors, comme une nécessité pour apprendre à assumer les conséquences des événements du précédent voyage.

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Un nouveau personnage fait alors son apparition. Le premier épisode lui est d’ailleurs entièrement consacré. On découvre alors Bonnie, une jeune femme éperdument amoureuse de l’homme tué par les deux adolescents. Fraichement sortie de prison, elle est déterminée à venger la mort de l’être aimé. Tout aussi fêlé que les adolescents, son personnage est très bien écrit et apporte un énorme plus à l’histoire qui se renouvèle tout en gardant l’aspect road trip à la Thelma et Louise. A eux trois, les personnages forment un très bon cocktail, attachants malgré leur aspect parfois légèrement antipathique (lui peu bavard, elle terriblement boudeuse). Et si le tout marche aussi bien, c’est en grande partie au jeu d’acteur toujours aussi excellent que dans la saison 1, si ce n’est meilleur.

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Cette saison est bien moins portée sur l’humour que la première et est au contraire bien plus sombres, en traitant des sujets fort et sensibles tels que le viol, le deuil, la vengeance et les traumatismes. Ces sujets sont traités avec cynisme et sans être lourd ou tomber dans le pathos. La série est doté d’une très belle qualité d’écriture qui se confirme dans bien des scènes traitent de ces sujets, particulièrement celles mettant en scène l’affrontement d’Alyssa face à ses traumatismes suite au viol et au meurtre de son agresseur. On la trouve alors presque insensible mais ses yeux semblent pourtant constamment au bord des larmes. Elle erre dans sa vie comme un fantôme et dit elle-même qu’une partie d’elle-même est encore sur les lieux du crime. La justesse et le réalisme de ses mots et de ses actes sont particulièrement touchants. Cette saison joue également beaucoup sur le suspense et brise les conventions, ce qui est plus qu’appréciable (SPOIL : le meurtre des ados qui dure si longtemps qu’il semble réel).

On suit aussi l’évolution de la relation de James et Alyssa, entre amour et haine et la volonté de réussir à se reconstruire sans l’autre qui nous rappelle ces événements si durs à affronter. Et pourtant il faut bien y faire face, que ça soit par le dialogue qui a du mal à se créer ou par l’affrontement de Bonnie. Cette évolution est également caractérisée par leurs costumes et leur symbolique. Alyssa porte alors sa belle robe de mariée qui se détériore peu à peu, comme son innocence ou sa volonté de vivre sans James. Ce dernier, quant à lui, est en costume rappelant celui du marié, or il n’en est rien. C’est un costume de deuil. Le deuil de son père tout d’abord, puis celui de sa relation avec Alyssa lorsqu’elle se marie avec un autre.

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La qualité de l’écriture et le talent des acteurs est encore une fois dans cette saison mis en avant par une très bonne direction de la photographie, un montage très dynamique caractéristique des comédies anglaises à la Edgard Wright et une bande son qui claque à base de vieux rock ou encore de punk qui nous avaient fait tant aimer la première saison.

Cette fin note probablement la fin de la série, c’est en tout cas ce que souhaite la showrunneuse, et c’est probablement ce qu’il y a de mieux. Il faut accepter que les bonnes choses aient une fin et ne pas en abuser en décidant de les prolonger. J’ai en tous cas passé de très bons moments devant cette série.

6 réflexions sur “[Critique] The end of the f***ing world saison 2

  1. Zoéline Maddaluna dit :

    Un « road trip à la Thelma et Louise » avec une touche de comédie british à la Edgard Wright ? Le tout sur une bande son punk ? J’achète ! Pas encore vu cette série mais tu m’as donné envie de la découvrir… Pour ma part, je me souviens de Jessica Barden dans la dernière saison de Penny Dreadful. Elle y était déjà remarquable.

    Aimé par 1 personne

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