Daniel Radcliffe et le cinéma d’auteur

       Voilà un long moment que ce sujet d’article me trottait en tête. Pourquoi ne pas parler de la filmographie de certains acteurs connus pour des films grands public, en s’intéressant à leurs films moins populaires mais qui mériteraient de l’être. En l’occurrence, je souhaitais m’intéresser au sujet de Daniel Radcliffe, bien connu pour avoir joué le rôle principal dans la saga Harry Potter. Hors, depuis le jeune Daniel a bien grandi et a souhaité sortir de l’image que le petit sorcier lui avait donné en se dirigeant vers le cinéma d’auteur, incarnant des rôles très différents et mettant à mon sens plus en avant son talent d’acteur. Voici donc ma petite sélection de films avec Daniel Radcliffe, qui pour moi méritent d’être vus.

Swiss Army Man – Daniel Kwan et Daniel Scheinert

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    Radcliffe laisse sa fierté de côté et embarque dans cette comédie dramatique décalée dans lequel il incarne un cadavre trouvé par un naufragé suicidaire incarné par Paul Dano. Ce dernier voit en cet homme mort une chance de survie mais aussi de reprendre goût à la vie à travers un voyage original et une amitié surprenante. Bien qu’il s’agisse d’un film à petit budget, Swiss Army Man à tout d’un grand film, notamment son excellent casting, participant grandement à rendre les personnages si attachants. Bien que le concept et le sujet puissent être un peu casse gueule, les réalisateurs s’en sortent avec brio en proposant une histoire en apparence un peu glauque mais en réalité aussi drôle qu’émouvante et poétique. Scènes réellement improbables (l’utilisation du cadavre comme Jet ski par exemple) et séquences émotions se mêlent parfaitement. Finalement le film ne se repose pas uniquement sur l’absurde mais a vraiment quelque chose à dire, à raconter, notamment sur cette génération un peu paumée, notamment en ce qui concerne l’amitié ou l’amour. C’est un « buddy movie » très original et très bon dans lequel Radcliffe offre une belle performance malgré la complexité du rôle, notamment physiquement puisqu’il incarne littéralement un « couteau suisse humain » comme l’indique le titre.

Horns – Alexandre Aja

Horns

       Horns est sans doute mon film préféré de la filmographie de l’acteur. Adapté d’un roman de Joe Hill, fils de Stephen King, il met en scène Iggy, un jeune homme soupçonné d’avoir tué sa fiancée, se réveillant un matin avec deux cornes et le pouvoir de faire avouer toute la vérité à toute personne qui les verraient. Le réalisateur a su travaillé son atmosphère pour prendre aux tripes tout en liant le fantastique, une histoire d’amour mais aussi un peu d’humour sans entamer pour autant la gravité du ton. Ajoutez à cela une belle esthétique, car le film a aussi cet avantage d’être beau visuellement, notamment dans des scènes magnifiques et badass comme celle dans la grange dans la deuxième moitié du film, accompagnée de la musique If I had a heart, envoutante et fascinante. Le fantastique prend de plus en plus de place tout en gardant des séquences de pure poésie et d’innocence à travers des flash back montrant Iggy avec sa partenaire, donnant ainsi plus de profondeur au personnage en développant ses motivations. Même si certains points peuvent paraître un peu facile ou vite expédiés, notamment la fin, Horns est vraiment un film intéressant à voir.

Jungle – Greg McLean

jungle-affiche

    Ici nous avons affaire à une histoire vraie, celle de Yossi Ghinsberg et de ses deux amis ayant vécu un périple de trois semaines dans une partie inexplorée de la forêt amazonienne. Le film est pour moi une grande réussite dans tout ce qu’il propose. C’est notamment un grand voyage en tout point, surtout en ce qui concerne le cheminement des personnages vers la folie, confrontés à l’immensité de la nature et à sa puissance, remettant l’homme à sa place, fragile. Ce film, tout comme les deux précédents est également très beau, autant visuellement que scénaristiquement. De plus, c’est également une expérience sensorielle particulière que nous offre ce métrage, comme par exemple lors d’une scène de piqûre de fourmis jouant sur les gros plans, les sons mis en exergue et un montage effréné mettant en valeur la folie du personnage. Daniel Radcliffe se trouve ici encore dans un rôle complexe et exigeant physiquement mais probablement le rôle qu’il a le mieux assuré de sa carrière tant il parvient à être crédible.

En bref, il est parfois – même souvent – intéressant de s’intéresser à la filmographie d’un acteur de films grand public. Dans le cas de Daniel Radcliffe, on voit bien qu’il a su sortir des sentiers battus pour s’offrir des rôles très différents et surtout plus intéressants que le rôle qu’il a du jouer pendant toute son adolescence.

Petite mention également pour La dame en noir de James Watkins, sans doute plus connu mais tout de même sympathique, notamment grâce à son esthétique gothique, ses décors fascinants et l’utilisation de l’épouvante.

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